Vergèze

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Histoire

Habitants : 3700, les Vergézois. Superficie : 1015ha

Géologie : terrain néocomien. Ilot de calcaire lacustre au Mas de Linteau. Dépôt subappennin recouvrant la molasse coquillière. On exploitait la molasse coquillière au sud du village. La pierre était d’un grain fin mais peu tenace. Trois fours à chaux furent utilisés pour exploiter le calcaire néocomien.

La Place de la Mairie

Formes anciennes : la première mention écrite de ce village date de l’an 1125, dans une charte sous le vocable de villa vergetia (voir étymologie). La dénomination, un mélange de latin vulgaire et d’occitan varie ensuite au cours du temps en vergesa (1322). Le dénombrement des foyers imposables de 1384 évoque la Locus de Vergeses. On peut lire à la même époque l’ecclesia de Vergesas. La forme se fixe dès 1550 ou le premier s devient z : Vergèzes. Le s final disparaîtra plus tard, lorsque se répand le français : en occitan toutes les lettres étaient prononcées.

Étymologie : certains font le rapprochement de Vergèze avec le nom « vergers », mais les premières mentions écrites du toponyme, en 1125 écrivent le terme « villa Vergetia ». Ce qui invite d’autres personnes à se référer à une étymologie latine du mot. La villa Vergetia désignerait la propriété d’un certain Vergetius, qui aurait possédé sur ses terres une villa. M. Camproux précise qu’il s’agit d’un nom gaulois signifiant efficace, travailleur. La page d’accueil du site intercommunal évoque même l’existence d’un peuple indo européen qui aurait laissé son nom au lieu après s’y être installé.

Le terme médiéval villa n’a pas la même signification que son homonyme latin. Alors que la villa romaine désigne une maison et ses dépendances, la « villa Vergetia » du Moyen Âge mentionne en fait la « communauté des habitants regroupés dans le village de Vergetia ».

Une autre interprétation fait allusion au nom latin virgeta qui signifie « oseraies ». La présence du cours d’eau du Rhony, ainsi que des mares implique la présence d’osier dont on se servait dans les temps anciens pour confectionner des paniers.

Sobriquet des habitants

« Li veri » en occitan évoque une variété d’escargot. Par extension, il s’agit peut être d’une remarque au sujet d’une hypothétique lenteur de ses habitants. Les différents villages de notre département, dans un élan d’esprit de clocher, avaient le chic pour trouver des sobriquets déplaisants pour leurs voisins : une étymologie officieuse précise que la variété d’escargot en question est connue pour se nourrir d’excréments. Nous n’irons pas plus loin dans cette analyse.

Lou veri , au rond-point de Mus.

Résumé historique

En 1322, Vergèze comptait 54 feux alors qu’il n’en reste plus que 8 en 1384, suite aux épidémies de peste qui sévissaient depuis cinquante ans. En 1744, il compte près de 1000 habitants. Les premières traces écrites mentionnant le village remontent à 1115 sous le nom de Vergèze.

Une implantation permanente sur le territoire a eu lieu très tôt. La Voie Domitienne passe non loin et les vestiges d’une villa gallo-romaine ont été découverts au Nord de Perrier. Il ne reste aucune trace du château féodal, situé probablement dans le Quartier dit du Fort. Au Moyen Âge l’économie de Vergèze est essentiellement tournée sur la culture de l’olivier en garrigue et des céréales en plaine. Les vignes n’apparaîtront que plus tard.

Il est mentionné qu’en 1232, Guillaume de Vézénobres acquiert des terres à Vergèze et Aubussargues. Sa fille héritière Sybille rend hommage de ses possessions à Guillaume de Nogaret. Le fief de Vergèze passa du domaine Royal à Guillaume de Nogaret après donation par Philippe le Bel en 1304.

En 1432, c’est Bonifique de Fabrègues, dame de Garrigue, mariée à Jean de Cruviers, qui reçoit dans ses biens les domaines de Garrigue et de Vergèze. Leur fils Louis de Cruviers, chanoine de Maguelone, fait donation de ses biens à Jeanne de Cassagne, femme de Noble Jean de Gaude. Leur descendant Pierre de Gaude épouse en 1590 Françoise de Vergèze.

Vergèze a beaucoup souffert des Guerres de Religion. La défiance entre les deux communautés religieuses allait croissant depuis le milieu du XVI ème siècle. Le massacre des catholiques lors de la Michelade de Nîmes en 1567 allait entraîner une répression aveugle quelques temps après. Le curé de Vergèze Jean de Peberran était parmi les victimes.

À la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685, certains habitants s’exilent en Suisse. On trouve également des condamnés à mort et aux galères à vie parmi ceux qui sont surpris dans des assemblées clandestines : « le quatre avril 1686 fut jugé le procès de ceux qui estaient à l’assemblée qui se fit à Vergèze le 24 mars de ladite année et on condamna […] et M Arnal de Vergèze et Sanier et le fils de Moïse Pignan et Bologne, tous dudit Vergèze, à la galère et Jacques Betrine, fils de Pierre Betrine, maréchal dudit Vergèze, à estre pendu au lieu d’Aigues Vives. Le cinquième du dit mois fut exécuté Jacques Betrine au devant de la place du Temple. » (B.N. Genève, papiers d’Antoine Court).

Les assemblées, dites du Désert, avaient lieu dans la grotte des Brésines de Vergèze. Les habitants de plusieurs villages s’y réunissaient la nuit pour prier malgré la crainte des Dragonnades.

L’économie du village était alors tournée vers la culture des céréales, tandis que la vigne ne connaissait pas encore l’essor qu’elle aura au XIXème siècle. Elle se concentrait essentiellement en zone de garrigue, de par leur robustesse, alors que les parcelles de blé se trouvaient partout en plaine. Les oliviers étaient beaucoup plus présents qu’aujourd’hui. La culture du chanvre était également importante pour la confection de cordages pour les bateaux.

Les archives, mises en lumière par Pierre Valette ont permis de savoir qu’une Vergézoise fut enfermée à Aigues Mortes vers 1709, donc bien après la fin de la guerre des Camisards. Agée de 27 ans, elle s’appelait Suzanne Trouchaud, alias « la Suzon». Elle était accusée d’être prophétesse par les autorités.