Habitants : 1334. Superficie : 1092 ha. Altitude : 16 mètres
Formes anciennes de Vestric : Vistricum (cartulaire de Psalmody, 1099), Vestricum (dénombrement de la Sénéchaussée, 1384), Locus Vestrici (1506). Formes anciennes pour Candiac : Candiacum (1099, Cartulaire de Psalmody), Candiat (1146, Histoire du Languedoc II), Prieuré de Saint Pierre de Candiac (1622, ins. Eccl. Diocèse de Nîmes)
Étymologie : l’origine du nom de Vestric provient de celui de sa rivière, le Vistre. Il en est de même pour la vallée, la Vistrenque. L’étymologie du mot Vistre vient de la racine indo européenne « vis » qui signifie « rivière » (autre exemple : La Vis, la Vistule).
Résumé historique
La présence humaine sur le territoire de Vestric est attestée au VIII ème siècle avant J.-C. Des fouilles archéologiques préventives menées en 1996 ont permis de faire la découverte de tout un ensemble cultuel et funéraire du premier âge du fer, assez rare dans la région. Deux personnes adultes ont été inhumées dans des fosses creusées dans le sol. Les personnes qui avaient enseveli les défunts prirent le soin de déposer trois vases à leurs côtés. Elles ont même certainement procédé à un dernier repas cérémoniel en leur compagnie car les archéologues ont mis en évidence la présence d’un four dit « polynésien », qui permettait de cuire des aliments à l’étouffée sur des galets chauffés et enterrés dans le sol. Les rites de cette époque sont méconnus, mais il est possible que les proches des trépassés aient aussi procédés à des offrandes voire des sacrifices. Tout cet ensemble mortuaire était protégé par un enclos ovale et deux fossés circulaires concentriques.
La première mention des archives de ce lieu date de 1099, dans le Cartulaire de l’Abbaye de Psalmody, sous le nom de Vistricum. Les droits de Haute Justice dépendaient du marquisat de Calvisson. Le fief était partagé par plusieurs familles nobles.
Après un passage dans les mains de divers coseigneurs, les terres entrèrent dans la maison des Lévis-Lautrec. L’un de ses membres revendit le fief en 1459 à Jean le Forestier et son épouse Marguerite de Joyeuse. Cette dernière contractera un nouveau mariage avec Gaillardet de Montcalm qui sera son principal héritier. La famille Montcalm demeura propriétaire du fief durant trois siècles, jusqu’à la Révolution.
Le hameau de Candiac, situé dans la commune de Vestric était avant la Révolution une seigneurie régie administrativement par les consuls de Vauvert. Les archives du village permettent de se faire une idée des lois en vigueur sous l’Ancien Régime. Chaque année, le jour de la fête de Notre Dame, les habitants devaient se réunir devant l’église paroissiale pour écouter les proclamations et criées du seigneur de Candiac. L’occasion de rappeler les devoirs de chacun et les peines encourues en cas de désobéissance. Par exemple, le blasphème était réprimé de la façon suivante : « il est deffandu et inhibé […] de renier et blasphémer le Saint nom de Dieu à peyne de 100 sols d’amende et de la prison pour la première fois, pour la seconde le fouet, et pour la troisième d’avoir la langue percée. »
On comptait 350 habitants à Vestric en 1322 et plus que 50 en 1384. Les famines, les guerres entre seigneurs rivaux et surtout la peste, avaient entraîné une forte chute de la population.
Candiac était alors un tout petit hameau : tout juste une dizaine d’habitant en 1734 ! Par contre, il était réputé posséder sur son territoire une forêt de haute futaie, les fameux bois de Candiac, uniques en Languedoc paraît-il. Car les forêts étaient rares à cette époque dans la plaine, le bois servant de matière première pour tout. Il fallait parcourir des dizaines kilomètres pour trouver du bois pour le four à pain communal. Si rare que l’on protégeait farouchement cette précieuse ressource. Lors des cries et proclamations annuelles du seigneur de Candiac, il était rappelé aux habitants que la coupe de bois était interdite sur tout le terroir, sous peine de 50 livres d’amende, de la prison, voire pire. Ainsi, comme le rapporte un compte rendu de 1684 précisant : « il est fait inhibition et deffances à toutes personnes de mettre le feu en fasson que ce soit aux bois ny garrigues du dit Candiac sous peyne de 100 escus d’amende et autres peynes corporelles telles que de droit […] Item il est prohibé et deffandu à toutes personnes de prendre couper ny emporter aucun bois gros ny menu sans permission ny licence, sur les peynes du fouet et autres peynes que de droit. »
Les guerres de religion ont eu un impact important, à Vestric comme ailleurs. Au début du XVIII ème siècle, peu après la guerre des Camisards, il n’y avait plus que 8 habitants à Candiac. Le village de Vestric fut pillé puis incendié par le Maréchal de Montrevel le 13 juillet alors qu’il venait d’apprendre que 250 camisards et trente cavaliers avaient pu se ravitailler : Selon un témoignage de l’époque « … on amena au fort de cette ville tous les hommes femmes et enfant qu’on trouva au dit lieu. Il y avait deux charrettes avec femmes et enfants les hommes étant à pied conduits par un grand nombre de soldats irlandais et dragons, l’un portant des chauderons, les autres d’autres choses, conduisant aussi des mules et ânes. Enfin, c’était la chose la plus déplorable du monde, jusque là même que les blés qui étaient enfermés dans les maisons depuis peu de la récolte pendante feurent brûlés, le vin défoncé. Ceux qui commandent de telles exactions que ces malheureux commettent journellement des meurtres et assassinats, et le malheur est que tout le pays, c'est-à-dire que les nouveaux convertis sont pour eux (les rebelles) et ceci va de mal en pis. Si Dieu n’y mets sa main tout le pays est perdu. ».
La prospérité de ce village de la plaine de la Vistrenque revint à partir de la seconde moitié du XVIII ème siècle. La viticulture permit alors aux paysans de s’enrichir un peu plus. Mais la principale révolution agricole s’est produite au XIXème siècle, avec l’intensification de la viticulture. L’architecture très ostentatoire des maisons de certains négociants en vin et autres grands propriétaires terriens, témoigne des fortunes qui se formèrent sur le négoce de l’eau de vie.
C’est par un arrêté préfectoral de 1808 que les territoires de Vestric et de Candiac ont été réunis en une commune. Autre fait marquant pour les paysans du village, la construction du temple protestant, après tant d’années de clandestinité pour les parpaillots du Languedoc. |